D'un monument à l'autre


Des gravures pariétales de l’âge des métaux aux casemates de la ligne Maginot témoins des conflits mondiaux du XXe siècle, le pays est riche d’un patrimoine bâti varié.

Le plus vaste Monument Historique à ciel ouvert
Les vallées des Merveilles et de Fontanalba sont classées Monument Historique depuis 1989. Les quelques 50 000 gravures rupestres, réalisées entre 3000 av. J-C. et les époques historiques sont réparties dans les deux vallées. Parmi les signes protohistoriques, nombreux sont les corniformes, les armes et les gravures de personnages (anthropomorphes) réalisés probablement par des bergers en transhumance durant l’été. Ces gravures témoignent des pratiques sociales et cultuelles des hommes de ces époques reculées.
Le site est repéré dès le XIVe siècle par Pierre de Montfort, voyageur tourangeau. Au XVIIe siècle l’abbé Pietro Gioffredo, historien niçois, cite « Les Merveilles » dans son ouvrage sur l’histoire des Alpes-Maritimes. Depuis, le site a été étudié par de nombreux chercheurs, parmi lesquels Clarence Bicknell (1881-1918), Carlo Conti (1927-1942) et Henry de Lumley (depuis 1967).
Le Musée des Merveilles à Tende propose une interprétation des pratiques sociales de ces hommes du Néolithique à nos jours à travers de riches collections.

Des édifices religieux à foison
Les vallées conservent peu d’exemples d’architecture romane, parmi eux le clocher de Saint-Jean à Breil-sur-Roya, considéré comme le plus ancien exemple d’architecture romane (début XIe siècle) des Alpes-Maritimes, et la chapelle Notre-Dame del Poggio à Saorge, ornée de bandes lombardes.
Au XVe siècle les peintres originaires du Piémont influencent l’art mural. C’est le cas à Notre-Dame des Fontaines à La Brigue, dont l’intérieur est entièrement couvert de fresques, œuvres de Jean Canavesio (vers 1492) et Jean Baleison. D’autres chapelles plus modestes, comme à Tende, possèdent des peintures de cette période charnière entre Moyen Age et Renaissance.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’élan bâtisseur se concrétise par la construction ou reconstruction de la quasi-totalité des églises des villages des vallées Roya et Bévéra en style baroque, sous l’influence des grands ducs de Savoie et de la Contre-Réforme. Parmi les édifices remarquables, la cathédrale Saint-Michel de Sospel, reconstruite à partir de 1642, l’église sur plan en croix grecque Sancta-Maria-in-Albis à Breil-sur-Roya, ou encore le couvent franciscains de Saorge bâti à partir de 1633.
En parallèle, les villages se dotent de plusieurs chapelles de pénitents, confréries de laïcs, dont l’existence est attestée au XIVe siècle dans le Comté de Nice, et qui perpétuent une tradition d’entraide. Parmi les nombreux exemples, la chapelle Sainte-Croix de Sospel et la chapelle des pénitents blancs de Piène-Haute conservent un important mobilier liturgique et processionnel.

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De la forteresse médiévale à la militarisation d’une frontière
Le passage du chemin muletier par lequel transitent de nombreuses denrées, va entrainer la fortification des bourgs à l’époque médiévale. Des vestiges d’enceintes, de tours de défenses ou de guets, et de portes de villes sont conservés à La Brigue, Tende, Breil-sur-Roya et Sospel. Saorge, par sa position stratégique représente un verrou quasiment imprenable sur la route muletière du sel, surveillée par plusieurs chateaux, dont subsistent quelques vestiges.
Dès la fin du XIXe siècle les zones de crêtes sont peu à peu militarisées. Les italiens fortifient le col de Tende avec comme pièce maîtresse le Fort Central, flanqué de cinq autres forts disséminés sur les lignes de crêtes à environ 2000 m. Après la Première Guerre mondiale, les italiens renforceront leurs défenses par la construction d’ouvrages bétonnés semi-enterrés, reliés par des galeries souterraines, échelonnés sur des espaces étendus : le « vallo alpino ».
Le massif de l’Authion devient également un point de défense stratégique, cette fois-ci du côté français : la redoute de la Pointe des Trois Communes joue un rôle central en 1940 et 1945.
Le territoire recèle également de nombreux blocs de défense de la ligne Maginot, construits selon un système pouvant, en cas de conflit, permettre à la garnison une vie en autarcie, comme à l’intérieur d’un sous-marin. Le fort Saint-Roch au-dessus de Sospel permet d’avoir un aperçu de ce type d’édifices.

Patrimoine industriel
Le territoire est basé sur une économie d’autosubsistance agricole et pastorale jusqu’au début du XXe siècle, l’industrie y est peu développée. La présence de plomb argentifère et de zinc a cependant permis l’exploitation de mines sur le site de Vallauria, dès les époques anciennes. Jusqu’à 300 ouvriers travaillèrent à l’extraction du minerai, dont l’exploitation s’est arrêtée en 1927.
La géologie du bassin de la moyenne Bévéra permet l’ouverture de carrières de gypse pour la production de plâtre, des vestiges subsistent aux environs du col de Castillon. Des fours à chaux sont présents sur tout le territoire, un exemple remarquable est conservé non loin de La Brigue.
Dans la moyenne et haute vallée de la Roya, on trouve des vestiges de carrières de lauzes, utilisées pour la couverture des toits, alors que le bois était exploité essentiellement dans la haute vallée de la Bévéra, aux alentours de la forêt de Turini.
L’eau est utilisée comme source d’énergie et barrages et conduites forcées sont nombreux dans la vallée de la Roya. Les turbines de l’hydrocentrale de Saint-Dalmas-de-Tende ont fourni l’énergie nécessaire à l’électrification de la voie ferrée Vintimille – Cuneo par les italiens en 1930.



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