D'un lieu à l'autre


Le territoire se structure en un réseau de villages et de hameaux de montagne.

Une terre de passage et d’échanges
La vallée de la Roya est un des itinéraires privilégiés entre la Méditerranée et la plaine du Pô, par le col de Tende. Cette voie, probablement déjà empruntée aux périodes protohistoriques, est fréquentée durant l’Antiquité, comme en témoigne la découverte d'un dépôt votif de monnaies romaines sur le site du col de Tende. Au Moyen Age le chemin muletier utilisé pour le transport du sel de Nice au Piémont se structure, puis le duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier le modernise. Entre 1780 et 1784, sous Victor-Amédée III cet axe Nord-Sud devient carrossable. Deux plaques dédicatoires, visibles dans la falaise le long de l’ancienne route royale au niveau des gorges de Saorge, rappellent l’ampleur des travaux conduits à l’initiative de la maison de Savoie pour la création de cette « Real Strada ».
Dès le milieu du XIXe siècle est imaginée la construction d’un chemin de fer, inauguré en 1928, entre Nice et Cuneo, alors que le tunnel de Tende est percé par les italiens entre 1889 et 1898.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, la ligne ferroviaire est largement endommagée, ainsi que les nombreux ouvrages d’art, dont le viaduc du Caï sur la Bévéra, œuvre de Paul Séjourné, reconstruit en 1962. La ligne est reconstruite par les italiens comme dommage de guerre dans les années 1970, et remise en service en 1979.

Un urbanisme médiéval préservé
La plupart des villages de la Roya-Bévéra ont gardé leur structure d’origine médiévale, qui se caractérise par un parcellaire étroit, un réseau de ruelles serrées, des maisons à trois étages ou plus. L’habitat est groupé autour de l’église paroissiale, enserré dans une enceinte défensive rarement conservée.
Les villages du Moyen et du Haut-Pays forment des ensembles compacts, parfois accrochés à flancs de colline, la pente assurant un étagement qui à contribué à une implantation en forme de gradin.
Les villages les plus méridionaux de Sospel et Breil-sur-Roya, sont implantés en fond de cuvette, ainsi que la Brigue, en bordure de la Levenza.

Des hameaux de montagne…
Entre vallées et plateaux de pâtures, un réseau de hameaux dispersés ponctue la montagne. Les hameaux de Berghe présentent une urbanisation agglomérée, étagée sur la pente, bien exposée au soleil. Par leur isolement, ils ont joué un rôle particulier lors de révoltes ou conflits. Granile est un hameau perché à 1020 m d’altitude, qui présente un groupement d’habitations permanentes avec une grande unité de son architecture : maisons en pierres, ponctuées de balcons en bois abrités par le débordement des toitures couvertes de lauzes.

…à l’habitat saisonnier
La plupart des populations des vallées possédaient hors du village un habitat temporaire, utilisé l’été, à proximité des terres cultivables et/ou de pâturages. Près de Breil-sur-Roya, de Sospel et de Saorge, au hameau de Libre, et dans la vallée du Cayros, les pentes étagées conservent de nombreux « casouns » ou « caisuns ». Reconnaissables à leur couverture voutée maçonnée sur un coffrage amovible en plein cintre, leur particularité est de combiner une partie résidentielle avec une zone dédiée à l’affinage du fromage.
A Tende, les abris saisonniers de bergers prennent le nom de « ciabot ». Ce type d’habitat est construit en pierre, couvert d’un toit à deux pentes en lauzes.
Autour de Moulinet, une forme particulière d’habitat, dont le système de construction est hérité du Néolithique, subsiste essentiellement à l’état de ruines. Il s’agit de l’arberc (abri) utilisé comme foyer pour les repas, entrepôt pour les outils, et la logia, (grange) incluant le lieu de sommeil pour la famille. Ces constructions, associées par deux, sont toujours séparées, construites sur une base quadrangulaire en pierres sèches, les pignons sont constitués de planches en bois.

Lieux de villégiature

A la fin du XIXe siècle les séjours hivernaux sur la Côte d’Azur se développent pour l’aristocratie européenne. Dans ce contexte est élaboré un projet de Golf à Sospel, le long de la Bévéra, qui voit le jour en 1913 avec l’ouverture d’un hôtel de luxe, œuvre de Hans-Georg Tersling, un des principaux architectes de la Riviera dans les années 1890-1914. L’Hôtel du Golf est alors accessible depuis Menton par le tramway de la compagnie TNL. Cependant, la première guerre mondiale et la crise économique de 1929 vont entrainer la fermeture de l’établissement, définitivement transformé en logements en 1937.
Dans la Bévéra, l’ouverture de la route du col de Turini au grand public, et plus seulement aux militaires, va permettre l’établissement d’une clientèle étrangère à Moulinet dès 1920.
Les glaciaires aménagées dans les environs de Moulinet sont directement liées à l’essor du tourisme sur la Riviera au tournant des XIXe et XXe siècles. Situées entre 800 et 1 500 m d’altitude, toujours à l’ubac. De formes circulaires, creusées dans le sol, elles constituent une sorte de puits en pierres séches, servant à conserver la glace.




ImprimerE-mail

Apertura de cuenta bet365.es